Revue JDS

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Titre : Du viol à la survivance : étude sociolittéraire de cicatrices de Cheikh Omar Zoré

Auteur.e.s : TIBIRI Dieudonné, .

Résumé : Cet article analyse la représentation du viol, du trauma et de la résilience dans l’œuvre romanesque Cicatrices (2021) de Cheikh Omar Zoré. Il s’appuie sur une approche sociolittéraire qui articule la sociocritique, la critique féministe et les trauma studies. À travers la trajectoire du personnage Sira, jeune femme victime de viol et de stigmatisation sociale, le roman met en scène la complexité du vécu féminin dans un contexte patriarcal où la victime subit une double peine : celle de l’agression et celle du jugement collectif. L’étude montre que Cicatrices fonctionne à la fois comme un espace de dénonciation sociale et comme un lieu de reconstruction symbolique. En mobilisant les perspectives de Cixous (1975) sur l’écriture du corps, de Caruth (1996) sur la temporalité du trauma et de Duchet (1971) sur le rapport texte-société, l’analyse met en lumière la fonction thérapeutique et éthique du récit. La cicatrice, motif central du roman, se déploie comme métaphore de la survie, du souvenir et de la résistance. En transformant la douleur en parole, Zoré fait de l’écriture un acte de guérison individuelle et collective. Ainsi, Cicatrices s’affirme comme un texte de mémoire et d’émancipation, où la littérature devient un vecteur de résilience et de reconfiguration du sujet féminin. Mots clés : littérature africaine, sociolittéraire, viol, trauma, survivance.

Numéro 3