Titre : Féminisation du maraîchage et vulnérabilités socio-institutionnelles dans la gestion de l’eau à Solomougou
Auteur.e.s : Namè Hassan YÉO, Guy Éric Anicet Quassy KOUAKOU.
Résumé : Cet article analyse les effets croisés de la féminisation du maraîchage et du faible niveau d’instruction sur la gouvernance locale de l’eau dans le périmètre irrigué de Solomougou, au nord de la Côte d’Ivoire. L’étude repose sur une enquête mixte menée auprès de 174 exploitants agricoles répartis dans dix villages des sous-préfectures de Tioroniaradougou et de Guiembé. Les résultats montrent une forte présence des femmes dans les activités maraîchères, avec des proportions variant entre 57 % et 64 % selon les villages, associée à un faible capital scolaire caractérisé par des taux élevés d’analphabétisme (80 à 90 %). Les exploitations, majoritairement familiales et de petite taille (0,1 à 1 ha), dépendent fortement de l’agriculture irriguée et présentent une absence totale d’accès au crédit. Par ailleurs, plus de 70 % des exploitants déclarent rencontrer des difficultés d’accès à l’eau, révélant des dysfonctionnements dans les mécanismes de distribution et de gouvernance du barrage. L’étude montre ainsi que l’articulation entre genre, faible niveau d’instruction et précarité économique contribue à renforcer les vulnérabilités socio-institutionnelles et les inégalités d’accès aux ressources hydriques. Elle souligne enfin la nécessité d’une gouvernance plus inclusive, fondée sur le renforcement des capacités et une meilleure participation des femmes aux dispositifs décisionnels. Mots-clés : Féminisation du maraîchage ; gouvernance de l’eau ; vulnérabilités socio-institutionnelles ; irrigation ; Solomougou.
Numéro 2