Le Wittgenstein de Hintikka : une réinvention formelle ou une incompréhension des jeux de langage de Ludwig Wittgenstein ?
Publication Date : 16/06/2026
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Jaakko Hintikka s’est fait une idée tout à fait claire de la philosophie des jeux de langage de Ludwig Wittgenstein. Que ce soit dans les Cahiers bleu et brun ou encore dans les Investigations philosophiques, il est convaincu que Wittgenstein, dans sa seconde philosophie, ne s’est pas détaché de sa théorie du langage du Tractatus logico-philosophicus. Laquelle théorie est, issue de la tradition dite de « l’épistémologie scientifique » du langage allemande de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, qui stipule que dans le dessein de communiquer nos connaissances il y a un rapport entre le langage (logique ou naturel) et le monde. Dans ce sens, l’une des questions qu’on pourrait se poser ici est de savoir si Hintikka a plus compris la philosophie des jeux de langage de Wittgenstein, que Wittgenstein lui-même. Dans cette analyse, après avoir présenté les arguments de Jaakko Hintikka et de Merril Hintikka sur les jeux de langage de Wittgenstein, puis exposé la sémantique des jeux de Jaakko Hintikka, pour qui, sa théorie trouve sa légitimité en tant qu’une approche transcendantale des jeux de langage de Wittgenstein ; nous récuserons ce diagnostic, très peu charitable, en interprétant, qu’au travers des jeux de langage, Wittgenstein nous explique qu’il existe une multiplicité et une diversité d’usages du langage. À cet effet, cela correspond à l’abandon de cette prétention de dire ce qu’est l’essence du langage à partir de la structure d’un jeu de langage particulier. Et, aussi de dissoudre le point de vue selon lequel la sémantique des jeux de Jaakko Hintikka est une extension formelle des jeux de langage de Wittgenstein. Pour approfondir cette critique, il convient d’introduire la position de Denis Vernant. Ce dernier, tout en reconnaissant l’ingéniosité de la sémantique des jeux de Hintikka, entreprend de la corriger en s’appuyant sur la logique dialogique. En ce sens, l’interprétation de Vernant nous rappelle donc que pour comprendre la « seconde » philosophie de Wittgenstein, il faut abandonner la fascination pour « l’isomorphisme » langage et monde, au profit d’une description anthropologique des jeux de langage eux-mêmes. Mots clés : dialogique, logique, jeu de langage, sémantique des jeux, signification.
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